La surveillance de la valeur liquidative nette (NAV) gagne en importance
Voici les sujets qui mobilisent l’industrie
À mesure que les structures de fonds, les portefeuilles clients et les fonctions de marché gagnent en complexité, la capacité à démontrer une supervision rigoureuse de la NAV devient de plus en plus essentielle. Pour de nombreuses organisations, la question évolue : on passe de « Les chiffres ont-ils été vérifiés ? » à « Sommes-nous en mesure de démontrer la gouvernance, les contrôles et la traçabilité qui les sous-tendent ? »
Ce changement était au cœur d’une récente table ronde-déjeuner coorganisée par KPMG au Québec et Multifonds, réunissant des dirigeants et des experts de la gestion d’actifs, de la gestion de patrimoine et des fonds de pension pour discuter de l’évolution du rôle de la supervision de la NAV et de ses implications sur les modèles opérationnels, la responsabilisation et la technologie.
Animée par Stéphane Gagné, vice-président et directeur régional chez Multifonds pour le Canada et les États-Unis, la discussion a réuni Gabriela Stamate, Morgan Leroy et Jonathan Hoffee pour un échange riche sur l’une des priorités opérationnelles clés de l’industrie aujourd’hui.
La supervision de la NAV n’est plus seulement un sujet relevant de la comptabilité des fonds
L’un des messages les plus clairs de la table ronde est que la supervision de la NAV s’étend désormais bien au-delà des fonds communs de placement traditionnels et des FNB.
À mesure que les organisations gèrent une gamme plus étendue de produits, de portefeuilles et de mandats clients, le besoin d’une supervision renforcée des valorisations prend de plus en plus d’importance à l’échelle du modèle opérationnel. Cela ne concerne plus uniquement les NAV au niveau des fonds, mais aussi, plus largement, les portefeuilles clients, où les prix, les positions, les transactions et les soldes doivent être réconciliés de manière cohérente.
L’industrie considère de plus en plus la supervision de la NAV comme une discipline essentielle au service de la transparence, de la responsabilisation et de la résilience opérationnelle.

La délégation ne supprime pas la responsabilité
Même lorsque les activités de valorisation ou d’administration des fonds sont externalisées, la responsabilité ne disparaît pas. Les organisations doivent toujours être en mesure de démontrer que des mécanismes et processus appropriés de supervision et de réconciliation sont en place.
Cela implique d’avoir une vision claire des positions, des transactions, des prix, des flux de trésorerie et des soldes, ainsi que des écarts, ajustements et des responsabilités respectives des parties internes et externes.
Le groupe a également souligné que les attentes réglementaires et le niveau de surveillance accrue des gestionnaires d’actifs continuent de s’intensifier. Dans ce contexte, les organisations doivent non seulement démontrer l’existence de contrôles, mais aussi leur application rigoureuse et leur adéquation aux besoins.
La gouvernance devient aussi importante que les processus
La table ronde a également exploré l’intérêt croissant pour les solutions de supervision de la NAV proposées par des tiers.
Pour de nombreuses organisations, la question n’est plus de savoir si une supervision est nécessaire, mais plutôt comment elle doit être structurée. La technologie peut jouer un rôle clé, mais elle doit s’appuyer sur une gouvernance claire.

Sans cela, même un processus sophistiqué et documenté peut devenir fragmenté.
Les échanges ont clairement montré que la supervision de la NAV ne doit pas être considérée comme un simple contrôle périodique ou un exercice de revue manuelle. Elle doit être intégrée au fonctionnement opérationnel quotidien, soutenue par un modèle de gouvernance adapté et automatisé.
Les contrôles basés sur Excel atteignent leurs limites
Excel continue de jouer un rôle important dans de nombreuses organisations, notamment lorsque les équipes ont besoin de flexibilité. Toutefois, à mesure que les volumes augmentent et que les exigences en matière de supervision se renforcent, les processus manuels peuvent rapidement devenir sources de risques.
Les principaux défis sont bien connus : problèmes de gestion des versions, dépendance à des utilisateurs clés, difficultés à passer à l’échelle et capacités limitées de gestion automatisée des exceptions.
Des solutions technologiques éprouvées peuvent aider les organisations à évoluer vers un modèle plus robuste et scalable, offrant une meilleure traçabilité, des workflows structurés, un reporting renforcé et une supervision pilotée par les exceptions. Cela devient d’autant plus essentiel dans un contexte de produits plus complexes, de cycles de règlement plus courts et d’attentes accrues en matière de transparence opérationnelle.
Les transformations plus larges du secteur accentuent la pression
La discussion a également abordé plusieurs tendances de fond qui façonnent l’avenir des opérations de fonds.
La croissance des FNB introduit de nouvelles considérations opérationnelles, notamment en matière de structure de marché, de liquidité et de concentration des teneurs de marché. À mesure que les FNB occupent une place plus centrale dans les portefeuilles des investisseurs, les infrastructures qui les soutiennent doivent évoluer en conséquence.
La tokenisation a également été un thème clé. Bien que les États-Unis et l’Europe soient actuellement perçus comme étant en avance sur le Canada, l’élan est global. Les modèles opérationnels tokenisés obligeront les organisations à repenser la gestion de la propriété, des transactions, des registres investisseurs et des contrôles, à travers des écosystèmes à la fois traditionnels et numériques.
Enfin, la transition vers des cycles de règlement plus courts, incluant le T+1 et potentiellement le T+0, a également des implications directes sur les processus de réconciliation, de valorisation, de gestion des exceptions et de supervision. À mesure que les délais se réduisent, la place pour les interventions manuelles diminue.

Ces tendances combinées illustrent pourquoi la supervision de la NAV doit évoluer au même rythme que le marché.
Poursuite de la discussion
La table ronde a clairement mis en évidence un point : la supervision de la NAV devient un véritable indicateur de la maturité opérationnelle.
À mesure que les produits, les portefeuilles et les cycles de règlement gagnent en complexité, les organisations ont besoin de plus que de simples contrôles manuels. Elles doivent s’appuyer sur des données interconnectées, des responsabilités clairement définies et une technologie capable de transformer la supervision en un contrôle quotidien évolutif.
Échangez avec Multifonds pour découvrir comment la technologie peut rendre la supervision de la NAV plus transparente, plus résiliente et mieux préparée aux défis à venir.